Hyperactivité : Hausse inquietante du médicament appelé « drogue de l’obéissance »

 

C’est au coeur du Brésil qu’a été soulignée une épidémie atypique avec la multiplication des diagnostics d’hyperactivité, se traduisant par un budget de 9 millions d’euros pour la Ritaline et des produits équivalents (Méthylphénidate).
Cette tendance a incité l’Anvisa, Agence Nationale de Surveillance Sanitaire Brésilienne, à réaliser en 2013 une étude, dont les résultats devraient interpeler les établissements scolaires et donner lieu à un débat national. En effet, il a été observé une augmentation de 75 % de la consommation de Méthyphénidate chez les enfants âgés de 6 à 16 ans.

Rappelons que ce médicament combat la maladie dénommée TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec Hyperactivité), qui a toujours été extrêmement controversée.
Le TDAH serait assimilé à un trouble neurologique comportementale, dont souffriraient entre 8 et 12 % des enfants au niveau mondial, soit jusqu’à 26,8 % au Brésil, le taux variant radicalement selon les états.
Les symptômes qui lui sont conférés sont extrêmement vastes : difficulté d’attention, rêverie, distraction de son activité quelle qu’elle soit, oublis, mobilité accentuée, impatience, etc.
L’étude a permis de souligner un cycle atypique dans la consommation, caractérisée par son augmentation significative durant le second semestre, d’une part, et sa diminution flagrante pendant les vacances scolaires. Ce constat conforterait l’idée qu’il existe bel et bien un lien entre l’école et la consommation d’un médicament assimilé à une drogue, puisque ce dernier agit sur le système nerveux tout en créant une dépendance physique et psychique. C’est d’ailleurs pourquoi la Méthylphénidate a été surnommée « drogue de l’obéissance ».

En réalité, une controverse persiste malgré tout sur cette maladie qui ne laisse personne indifférent. Tandis que certains assimilent la prise de médicaments comme un remède essentiel contre l’hyperactivité, d’autres dénoncent ce faux diagnostic et d’autres encore estiment qu’il s’agit d’une simple opération de marketing, provenant de l’industrie pharmaceutique.

Face à l’augmentation significative de la consommation de la « drogue de l’obéissance », bon nombre de questions ont été soulevées par l’Anvisa, au-delà d’une véritable problématique de santé publique. Ces questions portent notamment sur les écarts considérables de consommation entre les différents états brésiliens. Márcia Gonçalves de Oliveira et Daniel Marques Mota, les auteurs de cette étude, qui dénoncent l’usage à tort de ce médicament en tant que remède unique, alors qu’il ne devrait être utilisé qu’en complément à un traitement éducatif, social et psychologique, préconisent une information massive auprès de la population à ce sujet.

Ce sujet soulève finalement un grand nombre de questions, notamment sur le dopage des enfants au titre d’une recherche accrue d’homogénéisation et au détriment de la différence, mais l’attente d’un grand débat public fait consensus de toute part.

Publié dans Actualités | Laisser un commentaire